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« Direction Montplaisir, au siège de Joussour. Crée en 2015, ce think tank a déjà à son actif de nombreux rapports sur des sujets aussi variés que le secteur informel, les industries manufacturières ou la gestion du dossier libyen. Sa force ? Avoir réussi à rassembler divers bords politiques au sein de son équipe. « Aujourd’hui, il est grand temps de dépoussiérer les vieilles idéologies et de proposer des politiques publiques qui soient repensées à l’aune des changements que subit la Tunisie, loin des idées partisanes », indique Khayam Turki. « Notre rôle est d’élaborer des idées qui puissent être traduites en politiques publiques et de rassembler autour de ces idées différents courants politiques ou idéologiques, dans l’intérêt du pays ». Tout le défi serait donc d’être à la fois producteur et passeur d’idées. Afin de prendre en compte l’opinion des tunisiens sur certaines questions, le think tank s’est également lancé dans la réalisation de sondages, utilisés comme base de travail.

Par ailleurs, Joussour entend « vulgariser » les rapports qu’ils produisent « afin que nos publications ne soient pas réservées à l’élite ». Notons tout de même que certains rapports, commandés par les politiques, restent confidentiels. Mais où puisent-ils leurs idées et quelles sont leurs références ? Mourad Smaoui, secrétaire-général du think tank est formel : « nous nous basons sur des données et des faits objectifs qui nous permettent d’apporter une réflexion sous l’emprise d’aucune l’idéologie ». Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si les membres fondateurs de Joussour ont le profil d’experts et de conseillers politiques, plutôt que d’ « intellos ». Les think tanks, comme nos politiques seraient eux-aussi atteint du syndrome de la technocratie ? Côté financement, l’équipe est catégorique : « ni financement étrangers, ni financement publics, ni financement des partis politiques ». Le think tank vit grâce à des dons d’hommes d’affaires tunisiens. Selon le modèle de financement pensé par Joussour, l’aide apportée par un homme d’affaires ne doit pas dépasser 20% de la totalité des dons. « Nous sommes très jaloux de notre indépendance », note Khayam Turki. »

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